Néocaridina : la crevette d'aquarium qui se multiplie (trop) bien
27/07/2026
Facile à maintenir, colorée, prolifique... parfois même un peu trop ! Voici comment accueillir et gérer une population de Néocaridina sans se laisser déborder.

Une crevette accessible qui se décline en arc-en-ciel
La Néocaridina davidi, c'est un peu la porte d'entrée vers le monde fascinant des crevettes d'aquarium. Contrairement à ses cousines Caridina plus délicates, elle pardonne beaucoup : un pH entre 6,5 et 8, une température qui oscille entre 18 et 28°C, et une dureté totale qui peut grimper jusqu'à 20°dGH sans sourciller. J'ai personnellement démarré avec une dizaine de Red Cherry dans un 60 litres communautaire, et trois mois plus tard, j'en comptais facilement une cinquantaine.
Ce qui rend cette crevette irrésistible, c'est sa palette de couleurs. Rouge cerise pour les Cherry, bleu électrique pour les Blue Dream, jaune citron pour les Yellow, orange vif pour les Sunkist, noir profond pour les Black Rose... Toutes ces variétés sont en réalité des sélections artificielles de la même espèce, souvent grisâtre à l'état sauvage. Mais attention : si vous mélangez les couleurs dans un même bac, la génétique fera son œuvre et vous obtiendrez progressivement des crevettes qui retournent vers leur robe d'origine, beaucoup moins spectaculaire.
Un aquarium qui leur ressemble vraiment
On lit souvent qu'un 20 litres suffit pour débuter. C'est vrai techniquement, mais je recommande plutôt un 40 ou 50 litres minimum. Pourquoi ? Parce que les paramètres restent plus stables, et surtout parce que vous aurez de la marge quand la population explosera. Et croyez-moi, elle explosera.
Le secret d'un bac à Néocaridina réussi, c'est la végétation dense. Mousse de Java, Riccardia, Hydrocotyle, Rotala... Plus vous plantez, mieux c'est. Les crevettes passent leurs journées à brouter le biofilm qui se forme sur les feuilles, ces micro-organismes invisibles à l'œil nu mais essentiels à leur alimentation. J'ai remarqué que mes Néocaridina ignoraient presque leur nourriture en granulés quand l'aquarium était bien planté, préférant passer des heures à patrouiller entre les tiges.
Côté filtration, pas besoin de gros débit. Un petit exhausteur ou un filtre interne réglé au minimum fait très bien l'affaire. J'ai perdu quelques juvéniles dans mon filtre externe avant de protéger l'aspiration avec un bas nylon. Une leçon que j'aurais préféré ne pas apprendre à mes dépens.
La reproduction ou comment passer de dix à cent en six mois
Voilà le point qui surprend tous les débutants : les Néocaridina se reproduisent avec une facilité déconcertante. Une femelle porte entre 20 et 40 œufs sous son abdomen pendant trois à quatre semaines. Vous la verrez se balancer pour oxygéner ses œufs, un spectacle fascinant. Les petites crevettes naissent déjà formées, version miniature des adultes, et deviennent matures en deux à trois mois.
Au début, on se réjouit de chaque portée. Puis on commence à compter. Puis on arrête de compter. J'ai un ami qui a démarré avec six Red Cherry et qui en est aujourd'hui à plusieurs centaines dans son 120 litres. Le bac est magnifique certes, mais il a dû stopper toute introduction de poissons pour ne pas déséquilibrer la population.
C'est là qu'Aquapotarium prend tout son sens : plutôt que de laisser la surpopulation stresser vos crevettes ou dégrader la qualité de l'eau, proposez vos juvéniles en don ou en échange. Vous ferez des heureux tout en régulant naturellement votre population. J'ai moi-même récupéré mes premières Blue Velvet via un don entre particuliers, et j'ai depuis transmis le flambeau à d'autres passionnés.
Cohabitation et petits tracas du quotidien
Les Néocaridina cohabitent facilement avec des poissons calmes de petite taille : Microrasbora, Corydoras nains, petits Danio... Évitez par contre les Bettas, les Gouramis ou les Scalaires qui les considéreront comme des friandises vivantes. Les juvéniles sont particulièrement vulnérables : même un poisson réputé pacifique peut se transformer en prédateur devant une crevette de 3 millimètres.
Question nourriture, restez léger. Une pastille pour crevettes tous les deux ou trois jours pour une population d'une vingtaine d'individus suffit largement. La suralimentation est le piège classique : eau qui verdit, nitrates qui grimpent, crevettes qui muent mal. Une crevette bien nourrie arbore des couleurs éclatantes et une carapace brillante. Si vous voyez des mues incomplètes ou des couleurs ternes, vérifiez vos paramètres et réduisez les distributions.
Un dernier conseil pratique : gardez toujours quelques feuilles de Catappa séchées sous la main. Elles acidifient légèrement l'eau, libèrent des tanins bénéfiques et constituent un excellent support de biofilm. Mes crevettes se jettent littéralement dessus à chaque nouvelle feuille introduite.
Pourquoi craquer pour ces petits êtres attachants
Observer un groupe de Néocaridina, c'est redécouvrir son aquarium. Elles explorent chaque recoin, nettoient les vitres, délogent les algues naissantes, s'attroupent autour d'une pastille comme une équipe de rugby. Certaines ont des personnalités distinctes : celle qui parade toujours au premier plan, celle qui reste cachée, celle qui chasse les autres de son territoire de broutage.
Pour approfondir tous les aspects de leur maintenance, paramètres précis, compatibilités détaillées et retours d'expérience, n'hésitez pas à consulter la fiche complète de la Néocaridina sur Aquapotarium. Vous y trouverez aussi sûrement des annonces de dons dans votre région, parce qu'avec ces crevettes, partager n'est pas juste un choix, c'est presque une nécessité biologique.
À lire aussi
Tu as des poissons, plantes ou matériel à donner ou échanger ?